» Ça dépend du contexte » . Des présidentes d’universités américaines et l’appel éventuel au génocide des Juifs sur certains campus universitaires.

Un abonné du site  » Arrêt sur images » a évoqué les propos de deux présidentes d’universités américaines devant une commission d’enquête du Congrès consacrée à la montée de l’antisémitisme dans les universités américaines depuis le massacre du 7 octobre. Rappelons les faits . Depuis le massacre du 7 octobre commis par le Hamas. et l’opération israélienne à Gaza on assiste à des manifestations de protestation contre l’opération militaire et surtout à une très forte poussée d’antisémitisme , de haine des Juifs et des Israéliens , en particulier dans certaines universités américaines. La légitimité de l’existence d’ Israel est niée. Dans certaines universités , les étudiants juifs sont menacés ,leur sécurité est menacée. et ils doivent se réfugier dans des lieux protégés. La haine antiisraélienne/ anti juive est très forte.

Dans ce contexte , une commission d’enquête du Congrès est constituée pour s’interroger sur la poussée de l’antisémitisme dans les universités. Trois présidentes d’université sont interrogées ,en particulier par une Congresswoman républicaine l’ Etat de New-York ( ?) assez pugnace , Madame Stefanik. Elle leur demande ce que les présidentes d’université feraient en cas d’appel à l’ intifada et en cas d’appel au génocide. Deux des présidentes ont répondu que  » cela dépend du contexte » et qu’il faudrait une attaque physique , un passage à l’acte pour que cet appel soit réprimé. Ces propos ont provoqué de vives protestations et une présidente d’université a démissionné.

Il faut analyser la situation. Comme l’a souligné la journaliste Emmanuelle Ducros dans un très bon article de  » L opinion » , les présidentes d’ universités ont pu préparer la comparution devant la Commission avec les meilleurs juristes de leurs comités ( board ) de direction. Elles ont peut-être été déstabilisées par la virulence de la Congresswoman , mais comme l’a fait remarquer un abonné d’ Arrêt sur images ce sont des  » bac +38″ et elles auraient dû réfléchir à leurs propos. Etre président ( e) d’université , ce n’est pas rien. Surtout , bien entendu , on est scandalisé par le manque d’empathie et de condamnation ferme de deux de ces trois présidentes.

La situation semble être la suivante . Aux Etats-Unis , la liberté d’expression est totale ,et l’on peut être choqué de voir tenus des propos racistes et antisémites par des suprémacistes blancs et des néo-nazis. Mais dans les universités , si j’ai bien compris, il existe des textes auxquels les étudiants ( et les professeurs ?) doivent souscrire ,textes qui prévoient que les étudiants ne doivent pas tenir de propos racistes sous peine de sanctions et de poursuites. Les présidentes d’université auraient dù s’appuyer sur ces textes au lieu d’être polarisées uniquement sur la défense de la liberté d’expression. Elles avaient certainement de solides arguments juridiques pour condamner des propos antisémites et d’éventuels appels au génocide.

Si une commission d’enquête évoquait la recrudescence du racisme anti afro-américain dans les universités et qu’on avait interrogé les présidentes d’université sur un éventuel appel au rétablissement de l’esclavage , de la ségrégation , ou au lynchage ,auraient -elles répondu  » ça dépend du contexte  » ? C’est le manque d’empathie à l’égard des Juifs qui étonne dans les propos de deux des présidentes d’universités. A leurs yeux ,lancer un appel au génocide serait acceptable s’il restait verbal. Ne pas être horrifié par le fait que de tels propos puissent être tenus est scandaleux. Quelle froideur , quel manque d’empathie , quelle incompréhension des enjeux et quelle ignorance de l’ histoire !.

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