« Les orphelins  » d’ Eric Vuillard.

Eric Vuillard publie  » Les orphelins » aux éditions Actes sud. J’apprécie Eric Vuillard. Il dénonce la brutalité organisée , la cruauté , le cynisme des dominants , des exploiteurs ( les conquistadors , les responsables de la guerre de 1914 , les industriels allemands qui ont soutenu Hitler , même si ce livre est contesté par l’historien Robert Paxton , les dirigeants français qui ont mené la guerre d’ Indochine ) et prend le parti des exploités ( les Incas , les Protestants , les colonisés)  » Les orphelins  » est ,en apparence, un ouvrage consacré à Billy the Kid mais en fait celui-ci apparaît assez peu. Il apparaît en creux comme un petit délinquant à l’enfance très difficile et qui a pratiqué le vol de bétail et aimé la liberté et le vagabondage avant d’être assassiné . La critique d’ Eric Vuillard porte sur les gros exploitants de bétail , les juges , les hommes politiques qui réduisent les Mexicains et les Indiens à la misère. Ils sont les partisans de la loi et de l’ordre ,tout en étant d’une brutalité et d’une absence de scrupules épouvantables . On songe au film de Francesco Rossi « Salvatore Giuliano » Le bandit Salvatore Giuliano apparaît peu dans le film. Francesco Rossi veut surtout montrer la brutalité des classes dominantes qui le pourchassent. Le film diffère du film de Michael Cimino avec Christophe Lambert qui fait de Salvatore Giuliano un héros plutôt romantique Eric Vuillard procède de la même manière que Francesco Rosi. On sait peu de choses certaines sur Billy the Kid et Eric Vuillard ne veut pas enjoliver la réalité , comme l’ont fait ceux qui ont rédigé ou raconté des souvenirs à son propos . Il dresse un portrait en creux de Billy the Kid qui apparaît comme un petit délinquant sur des terres encore peu appropriées ( quand elles le seront, les pauvres , les Mexicains , les Indiens seront réduits à la misère) ,petit délinquant qui se place en marge de la société du fait de sa vie misérable et par goût de la liberté. Seule la présence de son frère , plus ou moins imaginé par Eric Vuillard , laisse une impression de contacts plus humains.

Un livre se défend tout seul et il ne faut pas y chercher les intentions de l’auteur. Chacun y trouve ce qu’il veut. Eric Vuillard voulait peut-être susciter la révolte , l’indignation face à la brutalité et au cynisme des puissants. Mais il peut aussi plonger le lecteur dans la dépression et la mélancolie. Le goût de l’indépendance , le désir de vivre en marge ,conduit à l’errance, et à la mort . Pas d’exaltation romantique dans l’ouvrage ,mais une profonde tristesse et une profonde mélancolie . Les personnes très pauvres ou ayant eu une efnfance misérable et qui se marginalisent sont broyées par les classes dominantes.

C’est aussi un livre sur la brutalité et le cynisme des classes dominantes aux Etats- Unis .On voit cette brutalité contre les Indiens ou les Afro-Américains ( cf le film  » Detroit » de Katheryn Bigelow) . mais surtout l’ouvrage provoque une infinie tristesse et une infinie mélancolie.

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