Vendredi 13 décembre 2024, François Bayrou a été nommé Premier ministre par le Président de la République. Il a lui-même reconnu que la tâche était immense , l’ascension de l’ Himalaya, compte tenu des problèmes : lutter contre les déficits, faire face à la crise économique qui s’annonce (fermeture de sites industriels) , compte tenu également de la future politique commerciale ,industrielle et financière des Etats- Unis. Il faut à la fois lutter contre les déficits, moderniser le pays et maintenir la protection sociale. Ce sont des objectifs ambitieux, mais difficiles à mettre en oeuvre compte tenu de l’absence de majorité et des oppositions. La question est de savoir si Bayrou mènera une politique marquée par l’immobilisme ou s’il voudra rester dans l’ Histoire comme celui qui aura mener une politique dynamique.
La France insoumise a fait savoir qu’elle déposera une motion de censure, mais il n’est pas sûr que, contrairement à la motion de censure qui a fait tomber le gouvernement de Michel Barnier, cette motion aboutisse. Comme beaucoup le pensent, les Français sont las de l’instabilité et souhaitent que le pays soit gouverné. Il est possible que le gouvernement bénéficie de l’abstention du RN qui ne souhaite pas voter une deuxième motion de censure. Surtout, il n’est pas sûr que les socialistes, les communistes et les Verts votent une motion de censure. François Hollande n’a pas oublié que le fait que Bayrou n’ait pas appelé à voter Sarkozy en 2012 a contribué à son élection. De plus, les socialistes sont bien implantés dans le Sud- Ouest ( Carole Delga) et il existe sans doute des liens entre les socialistes et le Modem. Plusieurs commentateurs, parmi lesquels Jérôme Jaffré, soulignent que de nombreux militants et responsables du PS souhaitent au Congrès du Ps, une rupture avec la France insoumise et le Premier Secrétaire Olivier Faure doit en tenir compte. Les socialistes espèrent redevenir un parti de gouvernement ( à mon avis leur politique fluctuante tantôt avec la France insoumise, tantôt prêts à gouverner, les discrédite) et ils doivent modérer leur opposition. Enfin, dans six mois, le Président retrouve son droit de dissolution. Il n’est pas sûr que les partis qui ont bénéficié de la dissolution de juin 2024, c’est-à- dire surtout le PS et le RN souhaitent une dissolution. Le PS pourrait perdre des sièges et il n’est pas sûr qu’il ait envie de nouvelles élections.Le RN pourrait être sanctionné au profit des Républicains après son vote de la motion de censure. Il n’est pas sûr qu’il ait envie de connaître un recul électoral. Il n’est jamais bon pour un parti populiste que les élections montrent qu’il est en recul.