Deux films sur les régimes totalitaires:  » la conférence » et  » le capitaine Volkogonov s’est échappé ».

Deux films différents sont sortis sur les régimes totalitaires :  » la conférence  » et « le capitaine Volkogonov s’est échappé »

 » La conférence » retrace le déroulement de la conférence de Wannsee en Janvier 1942 , au cours de laquelle fut organisé le processus d’extermination systématique des Juifs d’ Europe. Le film dure 1H58 comme la conférence ,il montre comment les dirigeants nazis raisonnent et pensent en nazis dans le cadre d’une vision raciale du monde. L’extermination des Juifs est mise en oeuvre dans le cadre d’une idéologie raciale que personne ne remet en question. Ce qui frappe évidemment d’abord , c’est l’ampleur du crime . Personne ne remet en cause le principe et le projet de l’extermination de millions d’hommes , de femmes et d’enfants. C’est cela qui frappe d’abord. Personne ne remet en cause le cadre racial du système et ne s’interroge sur la monstruosité du meurtre. Les débats portent sur la mise en oeuvre , la question des mariages mixtes et celle du coût du transport et del’extermination.Les Juifs n’ont plus aucune existence humaine. Le film montre l’absolue inhumanité des dirigeants nazis ,leur férocité. Ils organisent ,planifient, un génocide , un crime de masse . C’est cette absence totale d’humanité qui saisit la spectateur .

 » La capitaine Volkogonov s’est échappé » est à la fois proche et différent. Le film se situe en 1938 pendant la Grande Terreur stalinienne. Le capitaine Volkogonov ,membre du Guepeou comprend qu’il va être arrêté ,un de ses supérieurs se suicide au début du film et plusieurs membres de son service sont accusés et arrêtés. Il s’enfuit alors avec un dossier contenant la liste d’ un certain nombre de personnes torturées et exécutées ,des personnes qu’il a lui-même arrêtées ou torturées. Il cherche à obtenir le pardon d’au moins de l’une d’elle. Le film décrit les mécanismes de la terreur stalinienne. La peur permanente règne, la population ,mais aussi les policiers vivent dans la peur d’être arrêtés. Le soupçon ,la délation (même si un policier parvient à mentir sous la torture , ce qui sauve provisoirement Kolmogonov) sont omniprésents. Le film montre les tortures brutales et systématiques les accusations sans fondement ,l’extorsion des aveux, les exécutions de masse, l’indifférence des bourreaux, ( certains sont traumatisés cependant par les exécutions de masse), les fosses communes. Le film montre avant tout la terreur permanente ,la sauvagerie policière . ,mais aussi la misère omniprésente ( appartements communautaires , immeubles délabrés misère de la population vêtue de haillons . Il montre le double langage. le père d’un homme exécuté reprend le langage des bourreaux.Il montre l’exclusion de la famille de ceux qui ont été exécutés. Le film montre bien la peur , la misère. En même temps ,le film est un récit : aucun policier semble -t-il n’jamais demandé pardon pour ces meurtres de masse. Ce film est une parabole ,la recherche du pardon. Cette parabole permet de décrire le caractère impitoyable du totalitarisme stalinien , mais il montre aussi que des sentiments humains pouvaient malgré tout se faire jour chez certains.

Laisser un commentaire